Quand c'est noir, c'est que c'est cuit!

Expériences culinaires et gustatives en Nouvelle-Zélande: une place toute particulière est réservée aux ratés et à tout ce qui n'est pas bon. C'est plus drôle.

12 octobre 2007

La vengeance du kiwi

Mystère.... Que font ces litres de jus de kiwi sur ma table de cuisine?


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Posté par Pimali à 21:33 - Fruits et légumes - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Kiwi, kiwi, kiwi (23/06)

Je me demande comment j'ai bien pu l'oublier, celui-là, depuis que j'ai commencé à rédiger mes élucubrations culinaires.
En effet, le kiwi est omniprésent dans la vie néo-zélandaise. Les autochtones se nomment ainsi, il faut dire que ça va nettement plus vite de dire "I'm a Kiwi" que "I'm a New-Zealander". La poste, c'est Kiwi Post, la banque Kiwi Bank, même Peter Jackson est kiwi. Plutôt deux fois qu'une, d'ailleurs.

On aura noté avec intérêt que l'oiseau symbolique de l'aviation néo-zélandaise est le kiwi. On peut se demander s'ils n'avaient pas abusé de l'alcool de kumara au moment de trouver une mascotte pour la flotte aérienne, car personne à l'état-major ne semble avoir noté qu'il s'agit d'un oiseau sans ailes. Remarquons qu'ils avaient le choix entre ça et le moa, espèce d'autruche endémique qui a fini ses jours dans les marmites Maori, donc autant un piaf qui ne sait pas voler qu'un bestiau éteint depuis près de deux siècles.
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La question est donc: comment manger du kiwi en Nouvelle-Zélande? Et bien c'est impossible, car l'espèce est protégée, et ce n'est que dans certains sanctuaires animaliers que quelques spécimens survivent, à l'abri des opossums et des rats. De plus, comme il s'agit d'un oiseau nocturne, en voir un n'est pas commode, et passer deux ou trois nuits à la belle étoile armé d'une lampe de poche, de rations de survie et emballé dans huit couches de polaires est la seule solution pour les observer en milieu naturel.

Ah oui, et puis il y a le kiwi. Le machin vert-de-gris, kaki, quoi, alors que le fruit nommé kaki est orange, comme une orange, allez comprendre. Le truc poilu se nommait à l'origine "groseille de Chine", à se demander si l'heureux papa de ce nom avait déjà rencontré des groseilles. Oui, ces petits fruits rouges en grappe.
Parfois, pour faire plaisir à Li (qu'on a dû m'échanger à la maternité), j'en achète. La chérie bénéficie probablement des tonnes de vitamines promises par la pub. Elle ose même dire "miam!" quand elle en mange, l'innocente.

J'ai essayé d'utiliser des kiwis pour les rendre mangeables, avec un petit gratin poires-kiwi. Ce n'était pas mauvais, la partie parfum était assurée par les poires, le côté savoureux par la crème d'amandes et l'aspect appétissant par l'appareil réalisé avec des oeufs presque orange. Ah, et les bouts grisâtres insipides dedans, c'était le kiwi.

Je lui accorde que sa couleur verte lui donne une place de choix dans les salades de fruits. Ou sur les plateaux à fromage.

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02 juillet 2007

O Kumara, kumara, be my kumara

Une fois apprivoisés la voiture et le curieux système qui veut qu'on conduise sur le mauvais côté de la route (oui, tout le monde sait que le bon côté, c'est le nôtre, à droite de la ligne centrale), j'ai commencé à fréquenter assidûment le supermarché local, et son rayon de fruits et légumes. En bonne ménagère, j'ai bien entendu repéré ce qui m'évoquait des plats bien de chez nous, carottes, laitues, pommes, poireaux, tout en m'assurant que je ne serai pas totalement dépaysée. Effectivement, la Nouvelle-Zélande a son charme par son aspect particulièrement éloigné de tout, mais si l'on veut bien voyager et se lancer des défis alimentaires, on aime bien quand même retomber dans le classique.
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Ainsi, je suis toujours passée le menton haut et l'air dubitatif devant le rayon particulièrement fourni de trois sortes de tubercules, soit marron, soit orange, soit beige clair. Je n'avais même pas noté leur nom et aurais continué à cuisiner sereinement sans eux. Je me disais bien qu'il devait s'agir d'un légume affectionné des Maori, mais si pour les utiliser il fallait creuser une fosse dans mon jardin, y jeter des braises et attendre le lendemain que ce soit cuit, zut.

Effectivement mes seules informations provenant d'un reportage de "Connaissances du Monde" (fort intéressant au demeurant), j'avais tendance à associer ces drôles de légumes à la cuisine traditionnelle, concoctée par les populations indigènes, pour leur consommation personnelle ou pour épater les touristes.

Et puis, au cours d'une de ces passionnantes conversations qu'on peut avoir entre expatriés, (du style: "Où trouves-tu ce fromage?", " Je n'ai pas encore mis la main sur du lait demi-écrémé", " Leur saucisson / jambon /poulet / pain a vraiment un drôle de goût", etc...) un de mes petits camarades d'exil (non, pas de bagne, n'exagérons rien!) m'a parlé d'une soupe au kumara.
- Hein? c'est quoi ce truc?
- Tu sais bien, l'espèce de grosse patate mal foutue!
- Ah oui, celle qu'ils produisent en trois coloris? Jamais osé acheter ce truc, moi.
- Essaie, les gosses en raffolent.

Tu m'étonnes qu'ils adorent! C'est légèrement sucré, on n'est pas loin de la pomme de terre, mais le kumara cuit à toute vitesse, à peine mis dans l'eau il devient tout mou! Par ici les bonnes purées, les gratins express, la soupe préparée vingt minutes avant de passer à table.
Idéal pour les feignasses dans mon genre.

J'en mets partout, au grand dam de Monsieur Pim, qui aimerait bien revoir une bonne purée bien de chez nous, comme celle de Robuchon qui y passe une tablette de beurre en plus de la crème.

J'ai au moins échappé à la jupe en feuilles de lin, aux tatouages rituels sur le visage et je n'ai pas besoin de faire une haka avant de passer à table. Quoique.

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26 juin 2007

Old Blue potatoe

Et voici de belles petites patates messieurs-mesdames! Pomme de terre découverte au détour d'un rayon de mon supermarché favori il y a quelques jours, appelée par son cultivateur "Old Blue Potatoe", et je tiens à rendre ici hommage à ses facultés d'imagination. Les anglicistes auront traduit sans peine "Vieille Pomme de Terre Bleue".
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Je l'aurais plutôt baptisée "Pomme de Terre Violette Qui Ne S'Epluche Pas Sauf Si On A Beaucoup De Temps Devant Soi", mais après tout autant faire simple.
Il y a même eu polémique, car un spécialiste de la patate locale a pesté car il aurait fallu lui donner un nom Maori. Le débat a son intérêt. Pour ceux que cela intéresse.

Une fois les quelques spécimens dûment pelés, c'est Monsieur Pim qui s'est chargé de la cuisson (oui, il se réserve les tâches nobles, et puis il trouve que je ne mets jamais assez de beurre) et le résultat visuel, s'il est surprenant, a le mérite de l'originalité. Ce sont de bonnes petites pommes de terre, mais pas meilleures que la brave patate ronde et jaune, facile à peler, et c'est le gâte-sauce qui s'exprime ici.
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Un plat pour lancer la conversation lors des dîners où l'on s'ennuie.

Posté par Pimali à 07:27 - Fruits et légumes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juin 2007

Feijoa & Tamarillo

Non, ce n'est pas le nom des animateurs phares de la télé péruvienne, ni celui de la dernière mission du FBI à Cuba. Il s'agit seulement de deux fruits exotiques que j'ai déjà goûtés, et que pour les besoins de la photo j'ai dû racheter alors que je m'étais bien juré de ne plus y toucher.

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En effet, le fruit rouge n'est pas une souris d'espèce inconnue, corps rouge et longue queue, aux intéressantes viscères vues en coupe, mais un tamarillo. Une fois tranché en deux, un très fin parfum s'en dégage, soyons honnête de temps en temps, même si ça me coûte.
Mais ça s'arrête là.
C'est encore plein de graines, cette cochonnerie concolore, et quand c'est bien mûr, le jus gicle partout, on se demande pourquoi on s'est enquiquiné à inventer l'hémoglobine de synthèse: le jus de tamarillo convient parfaitement.
Je les ai donc préparés "comme des tomates" préconise le panneau du supermarché. Le tamarillo est fade, même avec une bonne vinaigrette et beaucoup de sel, j'ai eu l'impression de manger un truc organique cru.

Outre la violente couleur rouge qui m'a laissée à la limite de la nausée avec des mains de bourreau de Torquemada, le goût a fini de me convaincre. Rien ne vaut la bonne tomate (pas celle des supermarchés, élevée en hydroponique, pleine d'eau et d'herbicide, hein, les bonnes des marchés ou de chez Mamie) pour une salade.

Quant à son copain le feijoa, un petit dialogue entre Monsieur Pim et moi éclaircira le débat:
- Tu as acheté quoi, là?
- Un feijoa, pour goûter.
- T'es folle, c'est pas bon.
Haussement d'épaules de ma part.
- Tout le monde a l'air de trouver ça extra, je veux essayer, quand même!
- Tu verras, a-t-il ajouté avec un sourire diabolique, ils ont réussi à inventer un fruit au goût naturel de produit chimique.

J'ai donc goûté. Fouchtra! Monsieur Pim avait raison. Un vrai tour de force. Je me demande qui est responsable.

A rajouter à la liste des fruits pour plateaux à fromage.

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08 juin 2007

Le fruit du dragon.. sans les flammes!

Attirée au cours des sempiternelles courses que je suis obligée de faire plusieurs fois par mois (on ne m'avait pas dit que les enfants ça mangeait aussi souvent et en aussi grande quantité, et plus ça grandit pire c'est), par un de ces Objets Comestibles Non Identifiés, j'ai acquis pour quelques pièces de monnaie un Dragon Fruit.IMG_3296 Ce fruit porte un nom scientifique plus noble, mais foin de considérations pédantes, on gardera son petit nom comme ça, et puis j'ai la flemme de chercher maintenant.

J'ai d'abord interviewé le charmant jeune homme occupé à réassortir l'étalage de chokos, kumaras, yams et autres OCNI et demandé ce que c'était que ça.

Visiblement, ils sortent ces fruits pour les touristes, car il m'a regardé d'un oeil rond, m'a adressé un joli sourire (j'aime bien parler aux jeunes gens) et est parti chercher un camarade plus au fait des tenants et aboutissants des denrées vendues au magasin.
Je vous épargne la version anglaise:

- Bonjour monsieur, est-ce que vous pouvez me dire ce que c'est que ça?
- C'est un dragon fruit.(sourire)
- Oui, c'est marqué sur l'étiquette, mais c'est quoi exactement?
- Ben, euh, ça vient de Thaïlande. Ils en mangent là-bas.(sourire)
- Oui, mais comment on le mange? Faut le cuire?
- Non, c'est très bon, c'est comme le kiwi, plein de vitamines. (sourire)
- Ah, c'est un fruit, donc.
- Oui, un dragon fruit. (sourire)

Forte de ces informations et assez dubitative quand même, j'ai embarqué le fruit pour expérimentation ultérieure. J'ai remercié le jeune homme qui m'avait éblouie de ses sourires, il avait quand même fait un bel effort d'explication.

Pleine de doutes sur la qualité du fruit, tout de même, nous avons entrepris avec mon héritier numéro deux, Ma, qui fait preuve d'un intérêt remarquable pour tout ce qui est nouveau, bizarre et exotique, de l'ouvrir et de le déguster.

La comparaison avec le kiwi n'était pas mauvaise, en réalité: un fruit insipide dont la popularité est due à un marketing remarquable qui vante les vitamines contenues dedans.
Méfiance, dès qu'il y a des vitamines en 1ère ligne....

Bref, le fruit du dragon ne casse pas des briques, et décorera agréablement vos plateaux à fromage.

Posté par Pimali à 01:31 - Fruits et légumes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 juin 2007

Les bons légumes qu'on n'a pas chez nous.

A Rome, fais comme les Romains, et c'est dans un esprit d'ouverture totale que je me suis vaillamment dirigée vers le rayon des légumes pour tâter d'abord les trucs bizarrres qui y étaient exposés.IMG_2696
En France, je reste prudemment dans la diagonale pommes-de-terre /poireaux /carottes /courgettes et autres, bref des légumes bien de chez nous, et je suis toujours passée l'oeil vague et lointain devant le rayon des produits exotiques. Dans cette catégorie, la banane, l'orange et l'avocat suffisent à mon bonheur, pourquoi aller chercher plus loin.

Mais le supermarché wellingtonnien où je fais mes emplettes, propose des spécialités locales comme ces intrigants tortillons qui ressemblent à des asticots obèses ayant pris un coup de soleil. Il y en a aussi des jaunes, mais là les asticots ont eu une crise de foie alors j'ai opté pour les rouges, légèrement plus ragoûtants.
Ils portent même un nom, les yams, à consonnance onomatopéique (ça se dit, ça?) visant à associer le légume à l'interjection classique "miam" ou "yum" en anglais. Je trouve que ça a des relents de lavage de cerveau, ça, appeler un légume "miam" pour persuader le client que c'est bon.


J'ai donc acheté une poignée de yams après les avoir tâtés: consistance proche de celle de la pomme de terre, peau lisse, odeur vaguement terreuse.
Une fois rentrée, j'ai coupé un des asticots en deux, voir photo, pour vérifier le contenu de ses entrailles: pulpe ressemblant à la chair de la pomme de terre, conclusion c'est à cuisiner comme elle mais en s'épluchant les doigts bien plus qu'avec un honnête tubercule bien lisse.

Peut-être que ça se cuit avec la peau, après tout. Nous les avons donc pelés et Monsieur Pim a pris en main la cuisson finale après que les bidules aient bouilli un certain temps. Méthode pimalienne imparable: je plante un couteau dans le légume et si c'est mou, c'est que c'est cuit. J'affectionne la cuisine simple.

Monsieur Pim qui est de l'Ouest aime le beurre, et c'est vrai qu'au palais les légumes sont meilleurs que juste bouillis. Il nous a donc fait recuire tout ça dans une livre de beurre, assaisonnement classique sel/poivre (je rappelle que c'est de l'expérimentation, pas de fantaisie joyeuse la première fois) et à table.

Un bon goût de beurre cuit enrobe la saveur principale de terre chaude, et même en rajoutant du sel, de la crème, des herbes de Provence, rien à faire: on a cuit un paquet de terreau, nous avons l'impression de manger le compost.

Conclusion: s'il n'y en a pas plein nos rayons de fruits et légumes, je sais pourquoi. C'est pas bon.

Posté par Pimali à 23:33 - Fruits et légumes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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