Quand c'est noir, c'est que c'est cuit!

Expériences culinaires et gustatives en Nouvelle-Zélande: une place toute particulière est réservée aux ratés et à tout ce qui n'est pas bon. C'est plus drôle.

31 janvier 2008

Bon courage...

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Je me demande si le malheureux à la recherche de la date de la Chandeleur a trouvé son bonheur? Quant aux autres mots-clé qui permettent d'atterrir ici, j'ai de la chance, aujourd'hui c'est très correct... Ma souris en rougit parfois!


Edition du 1er février: à la lecture de certains commentaires (je ne dénoncerai personne) assez dubitatifs sur le contenu mystérieux de ce billet, je précise ici ce qu'est le document énigmatique ici présenté.

Il s'agit d'un extrait de la page de statistiques de Canalblog, l'hébergeur (minable, mais passons) de ce superbe blog, page qui me donne un certain nombre d'informations, sans lesquelles j'aurais du mal à dormir.

Un colonne donne le nom du moteur de recherche utilisé, en général c'est Google. Ensuite, nous avons le terme "requête", que l'on peut aussi appeler "mot-clé", ce que l'on tape dans la case proposée par ledit moteur de recherche afin de trouver l'information demandée.

En seconde position, un champion de l'orthographe et de la langue française réunies a cherché à connaître la date de la Chandeleur, écrivant poétiquement, "Quand c'est la champs de l'heure", personnalisant par un "s" totalement inutile le mot champ et méprisant complètement l'inversion sujet verbe obligatoire lorsqu'on pose une question.

Il eût fallu écrire: "quelle est la date de la Chandeleur?"

Ceci étant, si ce chercheur sur internet, qui ne doit pas souvent trouver ce qu'il cherche, revient ici, je l'informe que la Chandeleur se fête le 2 février, donc samedi, et que Mardi-Gras aura lieu... mardi prochain.

Posté par Pimali à 11:13 - inclassable! - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 janvier 2008

Cauchemar à Wanaka

Je passerai la description des paysages splendides que nous avons pu admirer tout au long de ce périple, nombre d'écrits vantent les beautés de la Nouvelle-Zélande, et les louanges de l'île du Sud ne sont plus à faire. Il faut dire qu'au long de douze millions de kilomètres que nous avons certainement dû parcourir en voiture pour atteindre les sites "ab-so-lu-ment immanquables", nous avons eu le temps de les voir, les montagnes.

De Queenstown, bourgade nichée au bout d'un lac, farcie de motels et de boutiques à touristes, nous avons gaillardement pris la route en direction du lac Wanaka, réputé entre autres pour la pêche. Il était bien entendu que ce serait LA journée de Monsieur P., consacrée à son dada, pendant que moi-même et les rejetons nous occuperions de notre côté.
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Le soir de notre arrivée, nous avons remarqué une agitation particulière en ville (enfin, en village, s'agissant d'une rue toute droite remplie uniquement de magasins de sports, derrière laquelle on trouve les rues garnies en majorité de motels), et après renseignements pris auprès de notre aimable motelier, nous avons appris que le lendemain aurait lieu un événement sportif, le Triathlon de Wanaka. L'information ne nous a pas émus outre mesure, et nous sommes allés benoîtement manger notre salade de tomates avant de goûter un repos bien mérité.

Ah oui, mais un triathlon, ça prend du temps. Ça prend toute une journée à faire. Et le plus tôt on le commence, le plus tôt c'est terminé. Monsieur de La Palice n'aurait pas pu dire mieux. Et les néo-zélandais, qui sont gens logiques et organisés, en général sportifs accomplis sachant que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, l'ont bien compris.
Aussi, dès 6h ce matin-là, un gaillard animateur a empoigné son micro et informé les populations à cinq kilomètres aux alentours du grrrrrrrand départ du triathlon de Wanaka. Quand on dort à deux cents mètres du podium, on est vite au courant. On peut applaudir le sérieux des organisateurs, car le départ prévu à 7h a bien eu lieu à l'heure dite. On a très bien entendu aussi l'hélicoptère de la télé qui couvrait l'événement.

Monsieur P. ayant poursuivi son programme halieutique incluant l'utilisation de notre véhiculer terrestre à moteur, c'est à pied que ma marmaille et moi avons fui les festivités (car faire partir plus de neuf cents participants prend du temps) pour nous rendre dans un parc de jeu distant de trois kilomètres de la ville. Comme à son habitude, Li, qui avait commencé la promenade avec bonne volonté, à renoncé à marcher au bout d'un kilomètre environ, s'asseyant (à l'ombre) et poussant des hurlements déchirants à mon intention, accompagnés de vraies larmes de crocodile, tout en adoptant l'attitude et la physionomie de Cosette avant d'aller puiser de l'eau dans le noir.
La loi néo-zélandaise m'interdisant de battre comme plâtre mon enfant, j'ai continué à marcher comme si de rien n'était, pendant que les cris de Li attiraient des golfeurs certainement persuadés d'être témoins d'un abandon d'enfant. Elle quand même fini par retrouver l'usage de ses jambes et nous avons pu passer une matinée au calme.

J'avais presque oublié ce triathlon; pourtant, dans le taxi du retour (pas envie de ramasser Li tous les cinq mètres), on en croisait encore, des vélocipédistes ornés d'un coquin dossard sur les fesses, (un fessard, quoi), ahanant sous le soleil. Quelle pitié.

L'après-midi s'est déroulée dans une atmosphère de foire du Trône, sans les manèges mais au son de la voix enthousiaste et décuplée des joyeux animateurs, pleins d'une énergie inépuisable pour annoncer les arrivées successives des valeureux sportifs qui venaient d'avaler plus de cent kilomètres à vélo, suivis de cinquante et quelques kilomètres à la nage, pour terminer en beauté par quarante deux derniers kilomètres en courant. Ceux qui n'avaient pas succombé à une crise cardiaque étaient accueillis en fanfare, j'ai suivi de près et avec un désespoir inénarrable le déroulement de l'épreuve.

Nous avons aussi appris le nom et la nationalité du vainqueur de l'épreuve. J'ai oublié son patronyme, mais l'animateur, qui devait être en pleine randonnée dans la montagne aux alentours du 9 novembre 1989, nous a informés qu'il venait d'Allemagne de l'Ouest. C'est vrai que les points cardinaux comptent, en Nouvelle-Zélande, on est du Sud ou du Nord, alors ça doit être pareil en Allemagne, sauf que c'est l'Est et l'Ouest.

Les derniers triathlonneux, cuits par le soleil, hypoglycémiques et déshydratés, mais heureux d'avoir pédalé, nagé et couru toute la sainte journée, sont arrivés sous les hourras de la foule vers onze heures du soir. Un feu d'artifice bon enfant a clôturé les festivités, quelques pétards colorés et au lit pour une bonne nuit de repos.
Le silence nous a surpris. J'ai enfin pu desserrer les mâchoires, décrisper mes mains soudées aux accoudoirs de mon siège, et tous mes muscles tétanisés se sont finalement relâchés, pour jouir du bonheur suprême du silence nocturne au fin fond de la Nouvelle-Zélande.

Une chance sur trois cent soixante-six cette année. C'est juré, j'achète un billet de loterie demain.

Posté par Pimali à 23:55 - En Nouvelle-Zélande - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 janvier 2008

Vive les vacances, plus de pénitences….

Les vacances, sonorité douce à n'importe quelle paire d'oreilles, symbole de farniente, de lectures au creux d'une confortable chaise longue, un verre de quelque chose de bon, voire alcoolisé à portée de main, le soleil filtré par la ramure d'un arbre qui bruisse doucement, au souffle d'une brise tiède et parfumée aux senteurs de l'été…

Mais commençons par l'entrée: pour profiter de vraies vacances telles qu'on les conçoit, il faut les mériter. C'est un principe judéo-chrétien de base, on n'a rien sans un minimum d'efforts.

D'abord, écorchage du portefeuille, vidage en règle des comptes afin de combler le déficit chronique des compagnies aériennes qui considèrent qu'il serait temps de remplacer leurs vieux coucous à hélice en faisant payer le cochon de vacancier, surtout en période de vacances. Logique. Donc le billet d'avion qui ne coûte pas si cher en période creuse, prend de l'ampleur et gonfle, gonfle, jusqu'à atteindre des plafonds que le plus gros 747 de la flotte n'atteint pas, même en vol stratosphérique.

Une fois les économies ratissées pour obtenir le droit insigne d'aller voir ailleurs si l'herbe n'est pas plus verte, il faut préparer les bagages. Une longue habitude d'expatriés ayant compris qu'il était vain de se scier les bras à porter de pesantes valises, nous permet de farcir nos sacs de voyage du strict nécessaire. Sans oublier tout de même les petites choses indispensables à la vie de bohême inhérente à la notion de vacances en Nouvelle-Zélande: les crèmes solaires indice 250, les produits chimiques qui font fondre le plastique et les vêtements, mais très efficaces contre les vampires locaux (de minuscules moucherons noirs armés d'un dard puissant rempli de venin corrosif, qui vous attaquent là où c'est tendre, et provoquent d'énormes boursouflures cuisantes pendant une semaine, j'ai nommé les célèbres sandflies), et les impedimenta de la cuisinière en vacances qui connaît à fond le contenu des placards vides des motels.

Ayant ainsi bouclé les quarante kilos de matériel de survie, prévoyant vêtements chauds, vêtements légers, vêtements de pluie, chapeaux pour le soleil, bottes et sandales (et une poêle), nous avons pu embarquer dans un des fleurons de la navigation aérienne locale.
Il y a 650 kilomètres entre Wellington (île du Nord) et Queenstown (île du Sud). Les avions ont du mal à relier les deux villes d'un coup, donc, pour rajouter au plaisir des adorateurs de la voltige aérienne, petite halte à Christchurch en cours de route.
Deux décollages et deux atterrissages dans une journée, ce qui réduit d'autorité mon espérance de vie de dix ans. Surtout quand le pilote a effectué un magnifique virage sur l'aile entre les montagnes avant de se poser à Queenstown, qui comme chacun le sait, est localisée dans les Alpes du Sud.

Le fait que Li crie joyeusement "Youhouou!" à chaque embardée du biplan (ou presque) dans lequel nous étions enfermés n'a pas franchement contribué à ma tranquillité d'esprit, nous voyant déjà écrasés sur le flanc rocheux qu'on voyait très bien par le hublot, nos restes calcinés éparpillés sur cette terre lointaine.

En fin de compte, nous avons été à pied d'œuvre, équipés de la 4L break locale (une Subaru un peu avachie mais en contact direct avec le sol, ce qui me convient mieux), installés dans un motel.

Le motel est une grande réalisation de l'industrie hôtelière, car il procure des chambres accompagnées d'un endroit pour cuisiner, et les lits sont faits tous les jours. Un excellent compromis entre la chambre d'hôtel qui coûte une fortune (ça m'apprendra à faire des enfants, mais c'est trop tard maintenant) et la maison de vacances où c'est le locataire qui fait son lit et le ménage. Enfin, LA locataire.

J'ai ainsi entamé une semaine délicieuse. J'ai fait la vaisselle à la main trois fois par jour, préparé des montagnes de salade de tomates, épluché un demi quintal de pommes, tartiné des dizaines de tranches de pain de mie afin de confectionner de savoureux sandwiches jambon-beurre-laitue-fromage, consommés le midi sur les lieux de visite.

Je ne supporte plus les sandwiches, j'abomine la vue de ces empilages de nourriture emballés dans de la cellophane, en général un peu écrasés par le voisinage du dessert (des pommes), j'exècre le contact mollasson du pain tiède d'avoir passé quelques heures au fond d'un sac, je hais les bords de route ou de rivière ou de falaise ou de paysage grandiose où nous les avons consommés tout en chassant les sandflies, les mains fleurant encore la crème solaire et le produit anti piqûres.

Puisqu'il a fallu changer d'hébergement trois fois en une semaine, pas question de remplir le micro frigidaire mis à disposition, de légumes variés et de viandes à mitonner. Donc le soir, au menu, aucune surprise. Des nouilles. Et quand nous nous sommes retrouvés non pas dans un motel mais dans un hôtel, erreur malheureuse de notre agence de voyages, nous sommes allés manger à la pizzeria.

Hôtel ou motel, un élément majeur de l'aménagement intérieur, c'est la bouilloire. On nous fournit gracieusement des sachets des granulés de café, de mignonnes petites capsules de lait sagement rangées dans le réfrigérateur, des tubes en papier remplis de sucre en poudre, de quoi se composer de revigorantes boissons chaudes après l'effort.

Mais la bouilloire des motels est magique. Telle un des ces livres secrets, verrouillés par des charmes et d'irréductibles loquets, elle n'offre qu'une surface lisse et polie, prolongée par son fil trop court interdisant de la poser ailleurs qu'à moins de huit centimètres de la prise. Une petite boule rigolote indique combien d'eau elle contient.
Le Génie, quant à lui, garde jalousement l'intérieur de l'appareil, qui n'a jamais été vu que par son monteur, quelque part là-bas, en Chine, et cache à tous les regards l'état de la résistance qui permet de faire chauffer le liquide. Remarquons que toute Résistance qui se respecte se doit d'agir à couvert.

J'ai donc bu et fait ingurgiter à ma famille des boissons proches d'élixirs mystérieux, puisque même en frottant très fort la bouilloire tout en invoquant Ali Baba, aucun déclic n'a eu lieu et l'intérieur de la maléfique machine est resté hermétiquement clos...
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Posté par Pimali à 07:50 - En Nouvelle-Zélande - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 janvier 2008

Euréka! Fiat lux! Fortes fortuna juvat!

Bien que Monsieur P. ait lâché le morceau environ douze minutes après que j'ai affirmé ne pas vouloir savoir de quoi il s'agissait, j'ai tenu à garder la vérité secrète jusqu'ici. Il faut dire que le fournisseur d'accès local semble avoir brusquement décidé de remplacer d'un seul coup tous ses câbles, et de ne pas en installer de nouveaux pendant une durée indéterminée. J'ai ainsi tenu ma langue pendant que les foules se déchaînaient et proposaient des usages aussi délirants que saugrenus. J'ai rongé mon frein devant un écran d'ordinateur qui ne reflétait que mon profond ennui, puisque l'accès au monde entier m'a été refusé pendant près de soixante-douze heures.

Ainsi, je suis enfin à même de féliciter les commentateurs supérieurement rusés qui ont déterminé d'office l'usage de mon bidule. Comme quoi, les cerveaux ne sont pas tous faits pareils, j'ai eu beau retourner l'engin pendant un bon quart d'heure, je n'avais pas percé le secret tout simple, à savoir qu'il s'agissait d'un Trancheur-de-pommes-en-neuf-quartiers-plus-un-trognon©.

Il faut dire que cela me faisait défaut, ma panoplie de la parfaite ménagère souffre encore de manques cruels. Mes copines et Bonnisa (encore) m'ont couverte de tabliers de cuisine, Noël m'a gâtée en ouvrages savants et moules de toute sorte, je me demande à qui le tour pour me fournir en toques de papier (avec des fleurs) et en pantoufles imperméables aux taches de gras.

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J'ai savamment concocté un montage de photos montrant les différentes phases de l'usage du Trancheur-de-pommes-en-neuf-quartiers-plus-un-trognon©.

D'abord, bien viser. Il faut poser le trou rond au sommet du fruit, veiller à ce que la queue soit au centre et les côtés harmonieusement répartis. Iil n'est pas recommandé de placer le Trancheur-de-pommes-en-neuf-quartiers-plus-un-trognon en diagonale, le résultat ne serait pas satisfaisant.

Poser ses deux mains sur chacune des ailes latérales du Trancheur-de-pommes-en-neuf-quartiers-plus-un-trognon©, que l'on aura eu soin de placer à droite et à gauche, et non pas selon une ligne perpendiculaire au corps. Exercer une pression ferme et constante vers le bas.

D'un mouvement continu, faire descendre le long du fruit le Trancheur-de-pommes-en-neuf-quartiers-plus-un-trognon©. L'appareil est conçu pour ne pas découper au-delà d'une certaine limite pour des raisons de sécurité, aussi lorsqu'une résistance se fait ressentir, retourner le Trancheur-de-pommes-en-neuf-quartiers-plus-un-trognon© et dégager en appuyant doucement sur la peau du fruit afin de terminer la découpe.
Et voilà! Neuf quartiers de pommes parfaits, et un trognon!

Que de temps gagné! Quelle présentation! Des heures d'amusement pour petits et grands! le Trancheur-de-pommes-en-neuf-quartiers-plus-un-trognon©, l'objet indispensable dans chaque cuisine, les vitamines des pommes sont préservées car il suffit de bien laver les fruits pour enlever le plus gros des pesticides, et vous pouvez consommer la peau en toute tranquillité!

Et quel gain de temps, d'énergie et d'argent: en une heure d'utilisation du Trancheur-de-pommes-en-neuf-quartiers-plus-un-trognon©, vos muscles auront pris un tonus inégalé, surtout grâce au programme de remise en forme progressif (trancher des pommes blettes, puis farineuses, ensuite bien mûres, vertes, et pour finir des Granny Smith) et aux fiches fournies avec votre Trancheur-de-pommes-en-neuf-quartiers-plus-un-trognon©;

N'hésitez plus! Comme Bonnisa, offrez un Trancheur-de-pommes-en-neuf-quartiers-plus-un-trognon©, léger, facile à utiliser et à laver, peu encombrant, un must have dans tous les tiroirs de cuisine modernes!

J'ai aussi eu un livre, à Noël. Pour lire.

Posté par Pimali à 06:35 - Jeu du ouikende - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 janvier 2008

Mon bidule de Noël à moi.

La Nouvelle-Zélande étant un pays éloigné et presque pas connu, sauf dans les supermarchés hexagonaux où l'on débite de la viande venant de là-bas, les services postaux français ont eu bien du mal à mettre sur les bons rails un colis expédié par les soins de Bonnisa, tantine chagrinée par notre éloignement et notre dénuement.

J'imagine bien les employés du bureau de poste tournant et retournant le paquet, se demandant d'un air ennuyé:
"Nouvellezélande, c'est pas une banlieue de la région parisienne, ça?
- Tu crois, Ginette, attends, je regarde...Nice, Nîmes, Niort, Nogent, 'u', c'est après 'o'?, mmmmmh, Noisy-le-grand... y'a plus rien après!
- Faut peut-être étendre la recherche sur le territoire?
- Oui, tu as raison, attends, je rentre "N-O-U-V-E-L..." deux 'l'? -L-E-Z-E-L-A-N-D-E. J'envoie..... Ben ça dit "il n'y a pas de nom correspondant à votre recherche!
- C'est pas croyab', ça! Les clients y-z-envoient des colis dans des bleds qui sont même pas dans l'annuaire!
- On va appeler le chef. C'est bien 1-2-3, son code d'appel? J'm'en souviens jamais!... Allô, chef, on a un problème avec Ginette... Oui, c'est Gérard, du service d'expédition... Non, mais, ça fait que quatre fois ce matin, chef! ... Ben.... On sait pas où envoyer un colis.... Y'a marqué un nom de ville qu'on n'arrive pas à trouver dans la base de données.... Oui, c'est le nom en gros écrit en bas de l'adresse... Au-dessus? ... Euh, il est écrit "Wel-lingue-ton", ça doit être le lieu-dit, vous pensez qu'il faut faire une recherche approfondie? Parce que la ville Nouvelle-Zélande, on trouve pas... Chef? Chef? Allô? "


Quelques temps plus tard, Bonnisa s'est inquiétée, à juste titre, de la non-arrivée du colis, expédié au tarif le plus cher (rien n'est trop beau pour nous) en Colissimo suivi. Armée de son reçu et de tout son courage, elle est allée s'enquérir de l'endroit exact où séjournait le colis.
- Un colis pour où, vous dites?
- Pour la Nouvelle-Zélande.
- Vous avez le reçu?... Merci. Alors il me faut aussi le récépissé, le ticket de carte bleue attestant de votre paiement, la facture qui vous a été délivrée et un extrait de naissance de moins de trois mois certifié conforme.
Son d'étouffement, puis:
- Non mais je ne veux pas m'expédier moi-même en colis suivi pour la Nouvelle-Zélande, je veux savoir où est celui que j'ai envoyé!
- Ah? Vous en avez déjà envoyé un? Et vous voulez savoir quoi, exactement?
- Puisque c'est un colis suivi, je voudrais bien savoir où il est en ce moment, car c'est pour Noël et on est le 24 décembre.
- Ah, mais c’est que je n’ai pas fait la formation pour les colis suivis, et ma collègue est en pause.
- Jusqu’à quand, la pause?
- …. Gineeeeette! T’es en pause jusqu’à quelle heure? Ah! … Elle arrive.
- Bonjour madame, vous avez le reçu ?... Booooon… Ah ! la Nouvelle-Zélande ! Oui, ça me dit quelque chose. Bon, voyons ça… Il est bien parti… Ah, voilà !
- Alors, où est-il, en ce moment ?
- Il est sorti du territoire, madame !
- Ouiiiiiiii ???
- Il est sorti, il n’est plus en France.
- J’avais bien compris, mais puisqu’il est suivi, je pensais qu’on pouvait le… suivre, non ?
- Ah, mais on ne peut suivre un colis qu’en France, madame.

Écrasée par la logique postale imbattable, Bonnisa a récupéré son reçu et a rejoint l’église Sainte-Rita pour y brûler un cierge.

Le petit colis a cependant vaillamment tracé son chemin à travers l’Europe, visité de nombreux centres de tri, lutté dans les neiges de l’Est, à moins qu’il n’ait pris un cargo battant pavillon panaméen pour traverser l’Atlantique, brûlé au soleil de l’Equateur quelque part sur le globe, et finalement embarqué dans une pirogue jusqu’au bureau de poste de Wellington.

Quelle bonne surprise de récupérer un beau colis en papier craft, un peu ridé, les coins arrondis, voire légèrement concaves, bardé de bande collante mais intact.

Et dedans, transporté à travers le monde civilisé, un mystérieux instrument à but certainement culinaire (c’est fou ce que j’ai pu recevoir comme livres et outils de cuisine à Noël) mais dont l’usage reste une énigme. Monsieur P. n’a pas résisté et couru vérifier sur internet ce que c’était, je reste stoïque et attend les suggestions des Bocuse, Vatel et autres Mères Poulard qui visitent cette page.

Alors, c’est quoi ce bidule ?

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Posté par Pimali à 01:00 - Jeu du ouikende - Commentaires [30] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 janvier 2008

2007 est cuit! On met 2008 au four!

La porte de la cuisine est grande ouverte sur le jardin fleuri… Les mouches bourdonnent et s’activent dehors, (dedans aussi, ce qui m’agace prodigieusement), les rideaux du salon sont encore tirés car la fenêtre donne plein Nord et le soleil tape en ce 1er janvier 2008. Le lave-vaisselle ronronne discrètement, les petits lutins qui l’occupent sont en plein nettoyage et n’auront de cesse de m’avoir récuré les assiettes du réveillon jusqu’à les rendre étincelantes (surtout si, cette fois, j’ai mis assez de poudre, parce que j’ai acheté un produit écolo, qui ne semble pas aussi plein d’enzymes voraces que les bons produits chimiques standards, malgré l’étiquette).
Les enfants ont réintégré leurs chambres et jouent hors de mon champ de vision et presque hors de portée d’oreille (ne rêvons pas non plus, le niveau sonore d’un enfant est exponentiel à partir du moment où il y a plus d’une unité en présence). Monsieur P., en époux dévoué et attentionné, a décidé d’inaugurer l’année en allant rafraîchir ses mouches toutes neuves dans la Ruhamanga ou autre rivière, ce qui fait qu’il a quitté la couche conjugale dès potron-minet et que je ne le reverrai pas avant une heure avancée de la journée. Celle du dîner, je présume.

Heureusement, il m’a généreusement laissé de l’occupation, sinon ma journée serait d’un vide incroyable, sans vaisselle, sans casseroles à récurer, sans une plaque de cuisson ravagée par son expérience culinaire de la veille, sans lessive ni aspirateur à passer, ni fête à préparer parce que, l’air de rien, le 4 janvier est dans trois jours. Ma fête. De mon anniversaire.

Hier soir, avec douze heures d’avance sur le monde européen, la Nouvelle-Zélande a basculé dans la nouvelle année. On ne l’a presque pas senti, Wellington était d’un calme inquiétant, à part quelques fêtards qui avaient oublié d’aller au lit à 10 heures et qui ont fait exploser trois pétards dans ma rue. Je suis étonnée que les voisins n’aient pas appelé les forces de l’ordre pour signaler ces comportements délictueux, le 111 est bien utile pour ça. C’est le numéro police-pompiers-ambulance-dénonciations (non, en fait, le *555 sert à signaler les mauvais conducteurs qui grillent les priorités ou démarrent avant le feu vert). Mais c’est vrai que je n’ai presque plus de voisins, ils ont tous fui.

C’est dans une atmosphère détendue que nous avons préparé notre petit dîner du 31, en comité réduit mais comportant les membres les plus importants que je connaisse, soit Monsieur P., Pi, Ma, Li et moi-même. J’avais expédié Monsieur P. en courses le matin, c’est donc lui qui a décidé de l’entrée en faisant son marché.

Je l’ai laissé aux fourneaux, en général je n’ose pas regarder. De délicieuses odeurs s’échappaient par bouffées de la cuisine, accompagnées de grésillements, chuintements, glougloutements, bruissements, crépitations, suivis de tintements, bourdonnements, fracas et tohu-bohu causés par l’entrechoquement de la vaisselle et des casseroles, parfois la chute d’un instrument métallique rebondissant sur d’autres récipients, tout cela souligné par intermittence avec des « Où est le beurre ? … Tu as du curcuma ?... Il n’y a plus de sacs poubelle, je fais quoi ?... Oh, vache, ça gicle !... ». C’est en général suivi de l’annonce péremptoire « Ça va être dé-li-cieux ! ».

Du salon où je goûtais un repos anticipant les heures de récurage à venir, je me suis demandé si l’équation petit-plat -préparé -par -Monsieur/ nettoyage -par -mes -soins n’était pas un marché de dupes.
On s’est régalés d’un … euh… d’une fricassée de crevettes et gambas à la chair de crabe, parfumée aux épices (je n’ai pas regardé lesquelles, il suffirait peut-être que j’aille vérifier quels flacons sont couverts de graisse), avec un petit riz blanc tout simple, présentée dans des cassolettes individuelles, c’est la fête, nom d’une pipe !

Par paresse intellectuelle et aussi parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, j’ai confectionné mon fameux filet de bœuf en croûte. Sans les haricots verts, marre de manger sainement, que du gras, c’est bon.
J’ai magistralement fait revenir le filet dans un quintal de beurre, puis l’ai posé sur sa pâte feuilletée décongelée (quelle merveille, cette invention) tartinée de foie gras, lui-même parsemé de cèpes. Une deuxième pâte a sommé l’œuvre une fois la viande bien enduite de foie gras, j’ai bien collé tout ça à l’eau, ménagé une petite cheminée et sacrifié un œuf pour dorer le tout.
Hop, au four.
Deux minutes plus tard, Monsieur P. hurle : « T’as oublié les cèpes ! ».

Misère. Le bol de cèpes trône sur le plan de travail, j’ai complètement oublié de les mettre sur le filet ! On ne va pas se laisser abattre par un détail futile comme celui-ci, j’ai empoigné mes maniques, sorti le filet en croûte du four, et armée d’un couteau bien aiguisé, j’ai chirurgicalement fendu le dessus de la bête, écarté les bords et introduit les cèpes qui se sont blottis douillettement sur leur lit de foie gras, déjà à moitié fondu à la chaleur du four. Il me restait un bout de pâte, transformé dans la minute en bande chirurgicale, appliquée sur la plaie et redorée à l’œuf. Ni vu ni connu, tout est reparti sereinement cuire, tout était parfaitement maîtrisé.
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Dans un registre moins magistral, j’ai confectionné des fondants au chocolat, recette dénichée dans la journée, qui devaient cuire au micro-ondes pour un résultat époustouflant. On a été époustouflés, surtout quand les fondants se sont transformés en dégoulinants, en coulants, en ruisselants, en torrents.
Je comprends l’enthousiasme des chimistes ébaubis devant un précipité, ou celui des volcanologues observant avec exaltation un cratère bouillonnant. À l’issue du temps de cuisson recommandé, il y avait autant à manger autour des ramequins qu’à l’intérieur, ce qui a été source d’un très ludique nettoyage, regrettablement accompagné par des coulures chocolatées un peu partout entre le micro-ondes et l’évier.

Mon fils chéri Pi, dont la croissance a démarré récemment à une vitesse incontrôlable, a dévoré son dégoulinant sans sourciller, et m’a même félicitée. Il grandit, le cher ange, et a déjà compris que la flatterie ouvre bien des portes, surtout celle qui mène aux gâteaux au chocolat de maman. Mon petit loulou, bien sûr que je t’en referai, des gâteaux, rien que pour toi, avec plein de chocolat dedans, dessus, et même autour.

J'ai toute l'année 2008 pour m'entraîner.DSCF1939

Posté par Pimali à 00:04 - repas - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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