Quand c'est noir, c'est que c'est cuit!

Expériences culinaires et gustatives en Nouvelle-Zélande: une place toute particulière est réservée aux ratés et à tout ce qui n'est pas bon. C'est plus drôle.

29 décembre 2007

Entracte!

Les temps sont durs: le soleil revient à des intervalles de plus en plus courts, les vacances d'été sont là et ont apporté avec elles les enfants à demeure, les fêtes remplissent bien les journées à coups de somptueux repas concoctés avec amour et j'ai presque maîtrisé un four primitif et récalcitrant. Sans oublier les tentatives d'amélioration de l'ordinateur, qui se sont soldées par un big bang terminal, me ramenant à des occupations moins informatiques, le temps que le technicien maison répare les dégâts.

J'en profite pour remercier les illustres inconnus qui ont inscrit "Quand c'est noir..." dans leurs blogs à visiter, blogs de cuisine, mais aussi de bricolage ou à thèmes parfaitement inconnus puisque, grâce à l'outil de statistiques de Canalblog, je peux tracer les provenances, et parfois tombe sur des sites verrouillés... Que raconte-t-on de mon blog sur ces sources mystérieuses? La curiosité me dévore mais l'énigme perdure...

La Nouvelle-Zélande somnole au rythme de la période des fêtes, Wellington s'est vidé de sa population, partie profiter des fortes chaleurs du grand nord (au moins 26° vers Auckland et le Coromandel), les soldes d'été ont commencé et, logiquement, tous les endroits où l'on peut emmener les enfants se défouler en temps normal sont fermés.

Ma paresse naturelle reprenant le dessus, j'engrange photos et idées mais la reprise des messages attendra les fêtes de fin d'année, et surtout cette date mémorable entre toutes, celle de mon anniversaire. Jour attendu pendant des années, maintenant un peu moins excitant puisque les ans tendent fâcheusement à s'accumuler. J'ai tout de même réussi à surmonter une jalousie bien naturelle due à la récurrence du même gâteau d'anniversaire, année après année. En effet, l'Epiphanie étant dangereusement proche de ce jour-clé, j'ai soufflé un nombre incroyable (pfff...) de bougies piquées sur une bête et plate galette des rois. Alors que ma sœur, la chouchoute, a toujours bénéficié de superbes gâteaux à étages, dégoulinants de crème, décorés de fleurs et surtout, différents chaque année. C'est vraiment trop injuste, moi aussi je voulais naître au mois d'août, pas la veille de la rentrée à l'école, en plus!

Ma revanche vient enfin, mon anniversaire aura lieu en plein été, j'organise une boum avec des copains du même âge canonique, et l'avantage d'en être arrivée là, c'est qu'on a droit au champagne et qu'on ne va pas se priver. Sans oublier que je suis devenue une grande fille, pleine de talents cachés qui se sont révélés sous le 40è parallèle sud, et que je vais faire moi-même mon gâteau d'anniversaire.

Une grosse galette des rois.

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13 décembre 2007

Abracadagar-agar !

Une des merveilles à la mode en ce moment, c'est ce gélifiant fait à base d'algues appelé drôlement agar-agar.
Pourquoi deux fois agar? Serait-ce dû à son pouvoir agglutinant hors normes? Ou à la fantaisie de l'apprenti chimiste qui a eu un jour l'idée de faire cuire ses algues jusqu'à plus soif, jusqu'à obtenir un amalgame gluant du plus bel effet? Probablement un malheureux après une séance de torture au cours de laquelle on lui aurait arraché la langue, qui aurait trouvé une occupation distrayante à faire cuire ses algues, et qui a appelé un copain pour admirer le résultat, lui enjoignant illico: "Agar, agaaar, 'est tout co'é! (comprendre "Regarde, regaaarde, c'est tout collé!"). Ebahi, le copain aurait opiné du bonnet et répondu: "Pour cha oui, ch'est co-co-collé, cha-cha-cha, même", tout en esquissant un pas de danse accompagnant sa remarque, car lui n'avait pas subi de torture mais était d'origine auvergnate et affligé d'un bégaiement prononcé dans les moments d'intense excitation.

Les deux amis ayant ainsi créé l'agar-agar et le cha-cha-cha le même jour, firent fortune rapidement, d'autant qu'ils inventèrent aussi l'ylang-ylang, vendu fort cher aux parfumeurs. Ce qui ne leur porta pas chance, car à force de se nourrir de confiseries gélifiées sans consommer les obligatoires cinq fruits et légumes par jour, ils périrent du béribéri peu de temps après.

Tournons cette page instructive, et revenons à nos moutons, ou plutôt à cette poudre magique inoffensive, je m'empresse de le préciser. S'il prenait à quiconque l'envie de se faire un rail d'agar-agar, je crois qu'il n'aurait plus de problème de sinusite jusqu'à son trépas (qui ne saurait tarder, car si on sniffe de l'agar-agar, on passe vite à la cannelle, puis au curry fort, et ça finit très mal).

Les instructions glanées de ci de là semblaient indiquer des proportions absolument invraisemblables à la béotienne culinaire que je demeure malgré de louables efforts et de réels progrès effectués depuis quelques temps. Maintenant, je lis les recettes en entier avant de commencer, par exemple.
Mais peser trois grammes et demi de poudre pour faire prendre douze litres de liquide, ça dépasse de très loin mes capacités intellectuelles. Oui, on sait, les reines des fourneaux et de la Toile réunis clament combien cette poudre de perlimpinpin est efficace et vantent ses qualités agglutinantes.

Me méfie, moi. Moi qui ai très rarement regardé le petit écran dans mes jeunes années (pour cause de téléviseur lunatique, des fois il captait les ondes, des fois non, et aussi d'interdiction jovienne), j'ai gardé en tête l'image de ce monsieur qui donnait de grands coups de coude dans des sacs de noisettes afin d'en rajouter dans les biscuits vantés par la réclame (certainement saturés de conservateurs, colorants, anti-oxydants et exhausteurs de goût, mais ne chipotons pas).
Donc j'ai une certaine tendance à en rajouter, de plus je n'aime pas être chiche.

J'ai ainsi entrepris de réaliser un dessert à base d'agar-agar. J'ai ainsi pu recycler des biscuits réalisés avec enthousiasme par Pi, Ma et Li, puis une fois goûtés, délaissés "parce qu'ils piquent!". Le gingembre rajouté à la cuillère à soupe, ça peut donner effectivement, un léger goût un peu fort, mais ils sont bien délicats tout de même. J'avais donc une livre de biscuits à brader, qui a fini au fond du robot hacheur, afin de fabriquer la base d'un gâteau. Jusque-là, pas de souci. Les miettes mêlées à du bon beurre, tout ça au four, et hop, une belle fondation pour mon gâteau, sagement installée au fond de mon fameux moule à jarretelle.

Ensuite, il a fallu fabriquer la mousse, avec du fromage blanc et du citron, que j'ai remplacé par du coulis de framboises car rose, c'est plus joli. Et je m'étais dit qu'étant la seule à aimer le citron, je devrais encore engloutir un gâteau pour huit toute seule, alors autant choisir un parfum qui réunisse les suffrages. Ensuite, il fallait jouer avec des feuilles de gélatine, que je me suis empressée de remplacer par ma poudre de sorcière. J'ai donc mis je ne sais plus quel liquide à bouillir (de l'eau, je suppose), et une bonne cuillère à café d'agar. Bof, ça ne fait pas lourd de préparation, ça. Allez, une deuxième cuillère. Et puis encore une miette, en versant directement depuis le goulot du flacon.

Une fois le mélange bouilli et laissé sur le feu un moment (ah! je suis quand même quelques conseils, je ne fais pas uniquement dans l'improvisation joyeuse, c'est sérieux), je l'ai laissé un peu froidir avant de mélanger au fromage blanc. Passons les étapes, le tout est parti recouvrir le biscuit, et au frais. Quelques heures plus tard, j'ai fait bouillir de la confiture de fraises avec encore de l'agar, que j'ai versée sur la mousse pour fabriquer un joli dessus brillant. Et encore quelques heures de réfrigération.

Le soir, j'ai solennellement sorti le moule à charnière du réfrigérateur, et tâté d'un doigt circonspect la solidité de mon chef-d'œuvre. La confiture restait souple, mais visiblement gélifiée. Bien solide, d'ailleurs.
J'ai sorti un plat un peu large afin d'y déposer le fruit de mon labeur, ai posé au centre le moule, et là, devant les yeux écarquillés de ma progéniture, goguenards de ma moitié, j'ai ouvert la charnière.

Glou, glou, glou. Le fromage blanc, tel de la lave dévalant souplement les flancs du volcan, aussitôt libéré du corset du moule, a lentement formé un lac rose autour de la base en biscuit. Le vaillant couvercle en confiture a parfaitement tenu, lui, et joliment improvisé une calotte
sur le sommet de l'œuvre.
Après tout, c'était du fromage blanc, on l'a ramassé à la cuillère une fois la rigolade terminée, et les biscuits hachés menu et recuits ont été mangés par mes innocents sans qu'ils sachent d'où ils provenaient.


IMG_4097

Le mystère reste entier, à moins d'une incompatibilité d'humeur entre l'agar et le fromage blanc, car la casserole ayant servi à faire bouillir la poudre d'algues a traîné trois jours dans l'évier avant que je ne réussisse à gratter la couche solidifiée qui s'était formée au fond.

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06 décembre 2007

Les chemins de la gloire

Depuis que j'écris ces chroniques, modestes témoignages du succès de l'enseignement du français dans les années soixante-dix et quatre-vingt, à grands coups d'apprentissage par cœur de conjugaisons tordues et de rédactions fleuves, donc depuis que j'écris, j'ai été flattée au-delà de tout par ma famille aussi bien que par de parfaits inconnus, tous poussant la gentillesse jusqu'à me souhaiter d'être publiée.

Ah! Etre un auteur reconnu! Voir ses ouvrages s'envoler comme des petits pains à la devanture des librairies, entendre parler de soi par ces délicieux dinosaures érudits que sont les petits libraires, ceux qui luttent vaillamment contre les grosses maisons qui bradent tout et n'importe quoi… Dédicacer des pages immaculées, être sollicitée afin d'exprimer un point de vue éclairé sur n'importe quel sujet (ne pas hésiter à me contacter, je peux broder sur n'importe quoi, surtout si je n'y connais rien: j'ai un lourd passif d'examens et concours réussis après des années universitaires à bronzer sur les pelouses du Luxembourg), bref la gloire dans toute sa splendeur.
Si en plus je peux devenir riche (vœu consternant d'après Monsieur, mais je laisse dire), autrement qu'en achetant des billets de loterie immanquablement perdants, quel avantage!

Un pas vers la célébrité avait déjà été franchi: quelle bonne surprise d'être un jour contactée par une radio nationale française, oui messieurs mesdames, une grosse radio qui cause à au moins des millions de Français, au garde-à-vous devant le poste. Annonce immédiate à toute la famille, évidemment, "Ils veulent me causer, à moi! Y-z-ont dit qu'ils m'appelleraient!". Y-z-ont appelé, et autant préciser (ou est-ce nécessaire?) que j'étais sur des charbons ardents, donc pas vraiment à l'aise (c'est chaud, les charbons).

Le monsieur qui a pris la peine de m'appeler était charmant, on aurait dit que j'étais une petite vieille appuyée sur une canne, qui se fait aider par un jeune homme bien élevé pour traverser la rue. "Vous passerez la semaine prochaine, je pense!", a-t-il précisé quand j'ai timidement demandé quand cette mémorable conversation serait diffusée sur les ondes et déversée dans les oreilles de mes compatriotes.
J'ai reçu à nouveau un courrier d'une autre personne me demandant une interview, pour la même émission: c'est extraordinaire, cette station de radio est tellement riche qu'elle a un personnel pléthorique, probablement installé sur plusieurs étages, pour une émission de cinq minutes!
Résultat: voilà deux mois déjà que j'ai répondu au monsieur, et rien. Même pas diffusée, mon interview…

Heureusement, pour me consoler, le directeur d'une agence de voyages qui organise les séjours de Français en Nouvelle-Zélande, m'a demandé d'écrire un article sur Noël au pays de Kiwis! Joie! Gloire! Célébrité! C'est Noël! Alléluia! Hosanna au plus haut des cieux!

Merci à Sébastien de l' agence Frogs-in-nz, mon ego est remonté en flèche et mon article trône sur le site.

Je m'empresse de le proposer à la lecture de ceux qui me font le plaisir de visiter le blog, avec quelques modifications par rapport à celui publié: rien à voir avec la cuisine, mais étant le seul maître à bord (ou la seule maîtresse? Mais ça a un sens légèrement sado-maso, je garde le masculin), je fais bien ce que je veux sur mon blog. Na.

Posté par Pimali à 22:55 - En Nouvelle-Zélande - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Mon premier article! Noël chez les kiwis

Voici donc l'article publié sur le site de l'agence de voyage en ligne Frogs-in-nz, agence qui a pris l'habitude de me prendre par la main pour m'organiser mes petites balades en Nouvelle-Zélande (surtout quand je change tout au dernier moment).

Noël au balcon…

Quelle magnifique opportunité que d'être au bout du monde pour y vivre la période magique de Noël. Ah! Noël! Le froid mordant des petits matins gris, quand l'obscurité le dispute à l'aube naissante… La pluie fine qui souvent se transforme en grésil et parfois, ô joie des petits et des grands, en neige, couvrant d'un moelleux duvet les toitures d'où la cheminée fume chaleureusement…Les vitrines étincelantes des commerces, enguirlandés de vert et de rouge, les Pères Noël aux couleurs festives qui sourient aux enfants devant les magasins, les décorations éblouissantes …
Je m'égare.

Wellington, fin du mois de Novembre. Officiellement, l'été commence le 1er Décembre. Le jour se lève largement avant moi, continue à se coucher vers neuf heures le soir car sinon ce ne serait pas raisonnable, les Quarantièmes Rugissants sont partis souffler plus loin et le soleil brille! Les plages de la ville recommencent à être fréquentées le week-end, ce qui permet à l'observatrice nonchalamment vautrée sur le sable de compiler exhaustivement les divers modèles de tatouages en vogue actuellement. Les messieurs moustachus abondent, tous unis dans la lutte contre le cancer de la prostate en laissant libre cours à leur pilosité sub-nasale, puisque Novembre a été consacré à la plantation des moustaches qui fleurissent partout, dans un grand mouvement national en vue de récolter des fonds pour une noble cause.

On achète des maillots de bain, les écoles éditent des notes pressantes aux parents afin qu'ils pensent à équiper leurs rejetons de chapeaux et les tartinent de crème pour lutter cette fois contre le cancer de la peau. Ça sent les vacances!
Alors, et Noël, hein?

Il a fallu que des membres bien intentionnés de la famille restée en France et en contact direct avec l'atmosphère évoquée plus haut, me préviennent qu'ils envoyaient des colis en Nouvelle-Zélande pour que je réalise que, bon sang, mais c'est bien sûr! Noël c'est le 25 décembre! Personne ne m'avait prévenue!

Les rues de Wellington sont animées, les jeunes filles ont quitté leurs collants noirs coupés aux chevilles sous la robe à fleurs pour ne plus porter que cette dernière, les pieds nus (non, pas dans des sandales, nus pieds, quoi), arborent des lunettes de soleil extra-large (ici, c'est la tendance demi-casque de moto, avec des branches) et vont boire leur gobelet de café sur les pelouses.

Partie en chasse pour rapporter une foule d'observations à commenter aux malheureux qui n'ont pas la chance d'être en Nouvelle-Zélande pour les fêtes, j'ai vite déchanté!

Seul le grand magasin de centre-ville, Kirkaldie & Stains, a poussé jusqu'à décorer de blanc et de rouge ses vitrines, il y a même un marché de Noël dans sa galerie commerçante: j'ai suivi la flèche, alléchée par celle indiquant aussi "Café de Noël". En réalité, les deux se confondent. Une fois qu'on a subi une overdose de sapins en plastique, de boules dorées classées par taille, d'angelots alignés en rang d'oignons à côté de Pères Noël musicaux, on a aussi pris l'habitude de respirer par la bouche, car le fameux café de Noël n'est que la cafétéria habituelle avec un panneau en plus. Et la ventilation visiblement montée à l'envers. Remarquons que cela ne gênait que moi, le Père Noël de location au rez-de chaussée faisait tranquillement la sieste dans son traîneau, attendant d'hypothétiques marmots qui de toute façon filent à la plage après l'école.

Puis exploration de Lambton Quay, la grand-rue, quoi. Eh bien, rien, zéro, nada, nitchevo! La boutique de Telecom propose des forfaits spéciaux à l'occasion de Noël et a fait l'effort de coller des images rappelant les fêtes en vitrine, les magasins de cosmétiques proposent (discrètement) des coffrets-cadeaux de savonnettes, (le ruban est gratuit…), mais en contrepartie on voit partout des offres alléchantes pour dépenser ses sous pour Noël. Empruntez $5000 tout de suite (à 25%),! Offrez-vous une pompe à chaleur sans rien payer maintenant (payez le double en juin prochain)!

Déçue de mes recherches de la magie de Noël dans les magasins, j'ai interrogé des néo-zélandais, des vrais, des qui vivent les fêtes dans la plus pure tradition.
Noël, c'est essentiellement la réunion de famille autour du sacro-saint barbecue! Au menu, saucisses, pommes de terre, kumara, côtes de porc, steak, démocratiquement grillés ensemble pendant que les enfants jouent au ballon et que les adultes dégustent la "Sundance Summer ale", bière brassée à Wellington. Parfois, un "hangi", la méthode maori de cuisson à l'étouffée, pour laquelle il faut se lever à 4h30 afin de faire chauffer les pierres qui vont cuire à l'étouffée viandes et légumes dans la journée. On est loin du foie gras, de la bourriche de Marennes, de la dinde fourrée ou de la bonne bûche à la crème au beurre parsemée de nains et de sapins en plastique.

Décevant, Noël chez les kiwis? Non, différent, estival, un Noël au soleil, au consumérisme plus discret que celui affiché en Europe mais bien présent, prétexte à des fêtes d'école (pour récolter des sous, l'époque se prête à la générosité) et surtout à des réunions de famille, dont les membres dispersés à travers le pays, voire le monde, se rassemblent une fois l'an autour du barbecue.

Pour la version froide, attendez Juillet: intéressante création locale, le mid-Christmas, où on peut enfin se goinfrer de dinde farcie.


Pimali

Posté par Pimali à 22:51 - En Nouvelle-Zélande - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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