31 octobre 2007
Tombeau de la confiture de lait.
Lassée des vives plaintes d'une progéniture
Affamée des douceurs réclamées des enfants,
Une mère attentive quoique sans grand talent,
Entreprit un matin de cuire des confitures.
Le choix fut malaisé: point de fruits de saison,
Des fraises ou des framboises le temps avait passé.
Il ne fut pas question du kiwi aborrhé
Depuis quelques décades banni de la maison.
Monsieur était gourmand: il trouva la réponse
A la question cruciale qui la tourmentait tant.
La confiture de lait: seulement quelques onces
De sucre et de vanille faisaient les ingrédients.
De bon sucre bien blanc l'aventureuse mère
Selon son habitude ne disposait plus guère.
Foin de détails triviaux: ce fut du sucre brun
Qui participa lors au délice argentin.
La cuisson se passa, veillée avec tendresse
Observée curieusement, formant une promesse
Que l'on pensait tenue après deux heures de feu.
Las! Le fouet ni la fourchette, agités sans arrêt,
Non plus que l'addition de vanille et de lait
Ne purent transformer ce mortier grumeleux.
La confiture de lait muée en colle à bois
Connut un sort funeste. Nul ne fustigera
La pauvre cuisinière justement courroucée.
Sucre muscovado, sucre inapproprié,
Rejoins dans le néant la confiture ratée!
Eh quoi! Cruellement punie faute de sucre blanc,
Faut-il pareillement condamner les enfants?
La leçon fut fâcheuse: ne peut-on en cachette
Modifier à son gré la teneur des recettes?
Honteuse malgré tout, coupable marmitonne,
Cette mère au désespoir qui pourtant se raisonne
Se promit désormais
D'acheter les pots tout faits.
28 octobre 2007
Un bon, long, long repas.
Notre bonne ville de Wellington abrite quelques restaurants où l'on sert autre chose que des sandwiches garnis d'ingrédients improbables, ou des filets de poissons non identifiables enveloppés d'une pâteuse croûte jaune et généreusement frits. Et puis le poisson, ça ne broute pas par millions sur les verts pâturages du Waikato, alors on s'en méfie par ici.
Armée de mes pages jaunes et d'un téléphone en état de marche, j'ai réservé dans un des quatre restaurants de la ville qui met des nappes en tissu sur ses tables. De façon assez amusante, le charmant jeune homme qui m'a répondu m'a demandé si nous souffrions d'une allergie qui pourrait nous empêcher de goûter pleinement aux mets proposés. Manquerait plus que ça, déjà que le choix est limité, si en plus on ne pouvait pas manger tout ce qui vient, nous n'aurions plus qu'à nous enfermer dans le placard de l'escalier en attendant l'avion qui nous ramènerait en France. Dans un an.
Ayant ainsi précisé que nous étions omnivores, j'ai raccroché, l'esprit au repos après avoir enfin trouvé un lieu de festivités pour ce vendredi. Oui, j'aime bien fêter plusieurs fois la même chose, pour être sûre.
Evidemment, le soir dit, Monsieur P. n'avait rien trouvé de mieux que de se bourrer de chips avec des amis avant d'arriver en retard. J'adore quand il me précise, avant de sortir "Je n'ai plus faim du tout, on va où, au fait?".
Nous avons trouvé sans peine la petite maison jaune où le restaurant a installé ses pénates, serrée entre deux gros immeubles qui ont l'air de vouloir la dévorer toute crue. Mignonne et à croquer, avec ses murs en planches et son pimpant toit de tôle ondulée.
Accueillis avec le sourire (heureusement), nous avons procédé à l'escalade de l'escalier de meunier qui dessert la salle de restaurant: les cuisines sont au rez-de-chaussée, c'est bien commode pour les cuistots. Un peu moins pour les clients, mais c'est un choix.
Nous avons commencé par observer la clientèle choisie qui avait choisi de passer la soirée dans cet établissement de standing. On sait que cela fait partie du plaisir de sortir au restaurant, regarder les autres, lorgner dans leurs assiettes et émettre des commentaires appropriés. Discrètement, nous ne sommes pas adeptes du scandale en public.
Ce qu'il y a de bien en Nouvelle-Zélande, c'est qu'on peut aller partout du moment qu'on a les poches pleines. J'ai souvenir d'un repas au restaurant d'un fameux hôtel de la place de la Concorde, où l'on a prêté une veste de blazer à Monsieur P. qui avait innocemment pensé que, pour un déjeuner, les apprêts vestimentaires n'étaient pas de rigueur. A Wellington, on ne s'embarrasse pas de ces faridondaines exotiques et passéistes: notre voisin dînait en marcel, son journal ouvert à côté de lui. On lui pardonnera son tee-shirt, le pauvre était tout seul, pas de ravissante kiwie à épater avec une chemise à rayures bleues et jaunes ouverte sur un torse velu, comme le monsieur de la table d'à côté.
Notre maître d'hôtel, une robuste femme au sourire éblouissant, nous a terrorisés d'entrée. On dit peut-être d'ailleurs maîtresse d'hôtel, dans ce cas. Mais cela peut conduire à d'autres interprétations auxquelles je ne me livrerai pas.
Afin d'attirer notre attention, elle a passé la soirée à venir nous voir en s'arrêtant net à cinquante centimètres exactement de notre table, en claquant les talons. Je la soupçonne d'avoir tout juste opéré une reconversion après une carrière dans l'armée de terre.
Nous avons appris beaucoup de choses sur ce que l'on allait nous servir, l'impressionnante employée annonçant d'une voix bien timbrée ne tolérant pas l'interruption, la composition des plats et la provenance des produits. En détail. C'est long quand on a faim.
L'intention du personnel de service aussi bien qu'en cuisine, semble avoir été de nous rendre ivres morts à nos foyers. En effet, les boissons ont été servies avec une louable promptitude, après nous avoir proposé de prendre soit un champagne néo-zélandais, soit un Taittinger. Douloureuse alternative.
Le repas, quant à lui, après que j'ai réussi à commander un filet de bœuf (j'ai eu droit à sa généalogie complète, évoquée poétiquement par notre solide matrone) et des filets de poisson sans panure pour Monsieur P., est arrivé une longue heure après.
Les plats inscrits au menu étaient scrupuleusement détaillés jusqu'au moindre brin de persil; en rajoutant les commentaires composés en trois parties de notre Amphytrion au féminin, j'ai à peine compris ce que je mangeais. Mais c'était bon, surtout après une heure de descente de Taittinger, accompagné de l'unique tranche de pain que l'on nous a apportée comme s'il s'agissait d'une version solide du Saint-Chrême. Il n'y en a pas eu une deuxième. Ne poussons pas.
Je me demande quelle notation Monsieur P. a mis à ce restaurant: il a instauré un amusant système d'évaluation à base de têtes de mort.
En l'occurrence, je décernerai un tibia d'honneur pour service exceptionnellement long: trois plats en deux heures, mieux que moi quand je reçois du monde.
Et si j'ouvrais un restaurant?
26 octobre 2007
Ultimes Thinking Blogger Awards
La nuit porte conseil, aussi j'ai enfin trouvé à qui remettre solennellement les deux "Awards" qui attendaient sur ma table de cuisine.
Dans la catégorie "rien à voir avec la cuisine", j'avais ainsi catapulté trois Pimalisars hier à Charly, Antiblues et Vivement. Je ne remets pas les liens, il faut chercher.
Aujourd'hui, puisque mon blog est vaguement et lointainement relié à la cuisine, j'ai décidé de décerner mes ultimes récompenses à deux blogs que je visite avec plaisir, non seulement parce que je suis jalouse, mais aussi parce que Miam et Prawn ne se prennent pas au sérieux et que je me sens en communion, au moins sur ce dernier point.
Elles ont l'air de savoir par quel bout prendre leurs casseroles, elles réalisent des repas pour quarante personnes tout en restant maquillées et coiffées à la perfection, et en plus ça a l'air bon.
Félicitations à Miamland et aux Bonheurs de Prawn, faites bon usage de votre consécration, attention les chevilles peuvent vite gonfler.
25 octobre 2007
Les Thinking Blogger Awards décernés par Pimali
Je suis passée de l'autre côté du miroir: telle une Alice moderne (sans le bandeau bleu dans les cheveux blonds, n'exagérons pas), grâce à Nadine (merci au passage à Papilles et Pupilles et à Coconz), je peux enfin insérer des liens cliquables.
Ainsi, afin de connaître la genèse de cette distinction, on peut se référer utilement à ce site-là , et maintenant je peux décerner mes propres récompenses.
Tout d'abord, je tiens à dire ici combien je suis émue d'être devant vous, ô public nombreux, qui avez été plus de huit mille à venir vous enrichir culturellement sur ce site depuis son arrivée sur Canalblog le 1er juillet dernier (oui, 8314 aujourd'hui, grâce à mon compteur secret; celui qui est en page d'accueil fait juste décoration, il mène une vie autonome et compte probablement les années qui me restent à travailler avant de toucher une retraite décente).
Evidemment, je ne peux passer sous silence la grande influence qu'a eue sur mon écriture la lecture à un âge tendre de "Picsou Magazine", et tout particulièrement les fameuses "Recettes de Grand'mère Donald". "Fripounet", dans une moindre mesure, a orienté mes goûts littéraires et m'a décidée à abandonner mon livre fétiche, "Titou fait un gâteau", pour l'encyclopédie de la cuisine de Dumas.
Mais l'ouvrage qui m'a le plus influencée reste "Les Robinsons Suisses", la similitude de situation aura frappé les plus insensibles. Seule (ou presque) sur une île perdue dans le Pacifique, il m'a fallu m'organiser, créer de toutes pièces des outils variés et enfin, savourer le fruit d'un labeur acharné.
Lauréate d'une récompense à laquelle je ne m'attendais pas, j'ai à présent le lourd et terrible honneur de décerner à mon tour ce trophée, en fonction de critères extrêmement pointus.
Donc, pas pour les copains du Kibou , puisqu'elle l'a déjà. Et puis même, on n'est pas obligé de rendre, en plus? manquerait plus que ça.
I- En premier, un site que j'aime bien, je ne sais même pas comment je suis tombée dessus, mais j'y fais un tour régulièrement parce qu'il y a toujours une petite photo toute fraîche, accompagnée d'un commentaire qui la met en valeur avec humour: Antiblues, clic-clac!
II- Mon second chouchou n'a toujours rien à voir avec la cuisine, c'est juste un bon entraînement pour moi avant de me retrouver devant ces petites choses grouillantes, illettrées et affligeantes aussi appelées élèves: Charly le Prof . Il n'a pas besoin de pub, celui-là, n'y allez pas, même sur France-Inter on parle de lui. C'est tout dire.
III- Mon troisième Pimalésar (non? on ne renomme pas le prix une fois qu'on l'a eu?), je le décerne à Demain peut-être , parce que m'dame Vivement souffre des mêmes maux que moi, un mari, des enfants, des élèves, une machine à laver qui rend l'âme, la pluie et les escargots. Tout ça sans faute d'orthographe. Et puis c'est quand même moi qui choisis qui je veux.
Je me réserve le droit d'offrir les deux récompenses restantes un peu plus tard, cela ne se donne pas sans un peu de réflexion. C'est qui la patronne, ici? (les personnes intéressées par cette récompense hautement honorifique peuvent envoyer les dons, dessous de table et pots-de-vins à l'adresse de contact de la page d'accueil).
24 octobre 2007
Thinking blogger award: enfin la gloire
En me baladant sur la page très excitante que Canalblog fournit à ses utilisateurs, c'est à dire celle des statistiques, j'ai comme d'habitude zyeuté de près celle donnant la provenance de mes visiteurs.
Certains viennent parfois de Mars ou de Pluton, vu les mots donnés à digérer aux moteurs de recherche, comme "comment se laver quotidiennement", ou ''société d'importation de poisson" ou encore "fumer du cannabis". (c'est mal, interdit, et pas du tout précisé dans mon blog, mystère). Alors je clique nonchalamment sur les lieux d'origine de mes visiteurs, retrouvant avec plaisir les blogs des copains virtuels (oui, je sais qu'ils existent pour de vrai, mais vu ma localisation, toute seule sur une île au fond du Pacifque Sud, ils restent tous virtuels).
Or donc, je clique sur le lien qui mène sur le site des "Copains du Kibou", où on ne se prend pas non plus au sérieux. Dire que je ne l'avais même pas référencé dans les blogs à visiter en bas à gauche. Ingrate que je suis. ![]()
Et voilà-t-y pas qu'on me décerne un superbe trophée, le "Thinking blogger award". Oui, il parait que Lili Violette trouve que mon blog est digne d'une telle récompense.
Citation du site d'origine qui a lancé l'idée : "My aim with this blog is to offer content that is interesting, informative and things that could really help my friends who are reading it."
Le contenu du blog doit être intéressant, enrichissant et aider les gens qui le lisent. C'est tout moi, ça.
Le petit hic, c'est que malgré mes nombreux appels du pied à l'aide en ligne de Canalblog (des mails, quoi!), leur disant qu'il m'est impossible d'ajouter des liens cliquables dans mes textes, je n'ai jusqu'à présent reçu qu'un silence total comme réponse à mes questions. Bravo Canalblog, bien joué! (je suis toujours sur Mac, navigateur Safari)
Donc, merci merci, on peut se référer au blog des Copains du kibou que je cours rajouter dans ma liste, où on trouve le lien qui mène aux origines de cette suprême récompense.
Il faut que j'en décerne 5 à mon tour, faudrait quand même qu'on arrive à cliquer quelque part, bon sang, on est à quel siècle, là! Canalblog, debout là-dedans! Et si le problème vous dépasse, overblog, myblog, ou blogspace peuvent peut-être vous refiler des tuyaux?
Le lien à copier coller dans la barre d'adresse pour l'origine de cette récompense (merci Canalblog):
http://www.thethinkingblog.com/2007/02/thinking-blogger-awards_11.html
Pikelets anti-rides
Poussée par l'affectueuse pression de mes proches, j'ai enfin fait l'acquisition du livre de cuisine de base de toute ménagère néo-zélandaise soucieuse de nourrir sa famille grâce à son industrieuse activité culinaire.
J'ai laissé quelques dollars au magasin, en échange de l'Edmonds cookbook, équivalent du Je sais cuisiner de ma copine Ginette. Toute jeune mariée doit l'avoir dans sa corbeilles de noces, aux dires de mes copines de thé du matin.
Un peu étonnée du classement adopté par l'auteur de cet ouvrage de référence, qui débute par quelques conseils d'organisation dans la cuisine, propose ensuite des recettes de gâteaux, puis de soupes, puis de plats et légumes variés, pour continuer avec des desserts, puis des sauces et autres chutneys, j'ai réussi à repérer la page des douceurs.
J'ai donc trouvé les pikelets page 31 (dans la rubrique scones, muffins et gros gâteaux).
Pourquoi, des pikelets, me demandera-t-on. Oui, pourquoi? Tout simplement parce que j'ai fini par craquer et par acheter des ronds à œufs, jolis tout plein avec leur petite queue mobile, coquinement sommée d'un bouchon de bois pour ne pas se brûler. Comme je sais faire des œufs au plat sans le secours d'instruments autres qu'une poële et d'une spatule, il a bien fallu justifier de cet achat. 
Monsieur P. ne mesure qu'à peine la chance qu'il a. Mon hobby du moment pourrait être de collectionner les crèmes de beauté, les petits tops de marque, les chaussures indispensables pour aller parfaitement avec les bijoux en toc mais signés que je pourrais m'obstiner à acheter au prix fort.
Non, faire du shopping de vêtements découle en général du constat que je n'ai plus que des haillons, et si je peux effectuer cette épuisante activité dans un minimum de temps, il m'en reste pour m'amuser à acheter ces petites babioles inutiles et mange-espace comme les ronds à œufs.
Notons que j'ai quand même cédé aux sirènes de l'achat qui conduisent à faire rissoler la carte Bleue (la mienne est rouge, donc déjà à la bonne température). Quand elle est bien grillée, je m'arrête.
J'ai entre autres rendu visite à ce lieu de perdition qu'est le rayon cosmétiques d'un grand magasin. Voyant une vendeuse de chez Fior désœuvrée, j'ai acheté deux-trois petites choses pour une copine (j'aime bien ma copine), provoquant une légère fumée à la surface de ma carte de paiement. A l'issue de mon règlement, j'ai attendu que la bonne dame, qui avait passé un petit quart d'heure à confectionner le paquet-cadeau, me couvre d'échantillons de la marque, menus présents de rigueur à l'intention de l'acheteuse délestée de ses dollars.
A mon grand étonnement, elle ne m'a rien donné! Forte de mon expérience de fréquentation (rare mais réelle) de magasins de produits de beauté de luxe qui vous ratissent le portefeuille, j'ai réclamé! A reculons, elle a ouvert le tiroir d'échantillons, plein à craquer, que j'ai mendiés un par un, m'inventant des problèmes de peau sèche et d'yeux fatigués.
Elle m'a même brandi un de ces précieux objets en rajoutant: "Ah, mais celui-ci c'est pour les peaux jeunes, de 25 à 30 ans, ce n'est pas pour vous!
- Non, je suis bien trop âgée, vous devez en avoir pour vieilles peaux de 35 à 40 ans, je suppose? (en anglais, ça rend bien).
Pour $250 d'achat (= 125€), on a droit à quatre échantillons. Arithmétique simple à retenir.
J'ai donc fait des pikelets pour me retendre la peau, puisque sans crèmes adéquates il ne me reste que cette solution. J'ai effectué toutes les opérations indiquées dans le livre, mais j'ai eu bien du souci avec mes ronds soi-disant anti-adhésifs. Ils collaient bien, les chameaux, donc le temps que j'arrive à décoller mes pikelets, ceux-ci ont pris une légère couleur brune. Mais bons quand même.
La leçon à retenir, c'est que pour cuire des pikelets, les cercles ne servent à rien, il suffit de verser la pâte dans la poële, le rond se forme tout seul. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir en faire?
Des œufs, peut-être.
20 octobre 2007
Pourquoi les Français sont beaux et sveltes.
Afin de mettre fin au suspense qui dure depuis quelques jours, voici enfin l'article du magazine qui m'avait fait tiquer, donc acheter ledit journal afin de m'informer.
Une question aussi cruciale me titillait: pourquoi, oui pourquoi nous autres Français, restons donc minces, élancés, la poitrine ferme et la cuisse légère, alors que les pauvres néo-zélandais sont affligés d'un taux d'obésité en expansion régulière?
J'avais bien quelques idées, ayant pu constater sur ma propre personne, à l'origine totalement française (donc mince et belle, je ne le répéterai plus, il suffit de savoir que parler de Français mince est une expression redondante), les effets sournois de la sédentarité pour cause de gardiennage d'enfant et de l'impact non négligeable de la température extérieure sur la production de capitons incongrus.
Dans ce beau pays, les enfants sont les bienvenus, mais à la maison: pas d'école de la République pour former de jeunes citoyens dès l'âge des couches passé, point d'établissement voué à l'instruction de jeunes êtres avides de savoir et proposant un dortoir pour la sieste de l'après-midi. De maternelle égalitaire veillant au bien-être des petits de 9 heures du matin à 17h pas la trace.
Donc on reste à la maison, pas possible de courir chez les copines boire un thé (oui, ça se fait, quand on est oisive, on boit du thé), sauf à traîner des gosses hurlants, ou de mauvais poil, ou simplement fatigués de marcher à 10 heures du matin et qu'on porte en escaladant les quatre-vingt-douze marches qui mènent chez l'amie avec qui on aimerait un peu discuter.
Et comme on ne bouge pas, (enfin, moi), et qu'en plus la température se hausse timidement à un grand maximum de 24° l'été, on cuisine, on mijotte, on mitonne, on achète des livres de recettes, on fait goûter la famille et les amis, on prend des commandes "Tiens, si tu faisais des cannelés? Ou des langues de chat? tu refais des rillettes? Qu'est-ce qu'il est bon, ton pain!" etc...
Donc, il faut admettre que la Nouvelle-Zélande est un pays propice à la prise de poids. A la limite ce n'est presque pas leur faute...
Mais comme j'ai tout ce temps à moi, et pas grand monde avec qui causer, j'ai pris ma plus belle plume et entrepris de raconter ma vie et donner mes bons avis à la dame de l'article. Par contre, je n'ai jamais demandé à ce qu'on publie ma prose (en anglais, hein, et sans dico, pas mal!)...
Et voilà le travail:
Je regrette quelques coupures, surtout celle de la partie dans laquelle j'expliquais doctement que ça me coûterait moins cher d'acheter des plats tout faits en supermarché que les fruits, légumes, viande et poissons frais qui remplissent mon panier habituellement.
Mais d'après quelques échos que j'ai pu avoir, les kiwis sont plus qu'étonnés d'apprendre l'existence de restaurants scolaires! (sujet majeur de mon article, pour les non anglicistes, mais je ne vais pas tout traduire non plus, fallait suivre à l'école, faut le dire aux enfants, y'en a marre des cancres qui n'apprennent pas leurs leçons). Encore l'exception française.
Je ne sais pas si je vais continuer à écrire aux magazines de cuisine, car si la prochaine fois je reçois de la confiture de feijoa ou du tamarillo en masque hydratant, je vais avoir encore plus de mal à tout refourguer.
14 octobre 2007
Une belle histoire: pan sur le bec!
Il était une fois, dans un pays lointain, des petits oiseaux tout mignons, au long bec et à la plume soyeuse, malheureusement privés d'ailes pour survoler leur beau pays. Tristes de devoir rester au ras du sol à grignoter ce qu'ils trouvaient en fouissant sous l'herbe grasse de leurs vertes contrées, ils se mirent à inventer de plus en plus de petits plats pour se consoler de leur malheureuse condition. Les petits oiseaux tout mignons, qui avaient bien travaillé pour se construire de jolis nids de paille pleins de courants d'air, mangeaient de plus en plus de délicieuses petites choses, des asticots panés, des feuilles bien vertes frites, des céréales de toutes sortes enrobées de bon sucre, et cela sans s'arrêter de toute la journée.
Et il arriva ce qui devait arriver : beaucoup de petits oiseaux tout mignons devinrent de gros oiseaux lourds, mais mignons quand même.
Un jour, un des petits oiseaux tout mignons découvrit qu'il y avait d'autres pays habités par des oiseaux très différents: grâce à un gros volatile de fer, le petit oiseau tout mignon arriva au pays du coq tricolore. Celui-ci l'accueillit avec plaisir et comme il était gentil et attentionné, il fit manger au petit oiseau tout mignon, qui était une oiselle, les spécialités de chez lui. La petite oiselle n'en revenait pas, elle ne savait pas qu'on pouvait manger autre chose que des asticots frits et salés.
Elle se mit à avaler des quantités de bonnes choses, celles que le coq ne mangeait que de temps en temps car il savait que ce n'était pas bon pour sa taille élancée, mais l'oiselle, elle, en fit ses délices. Elle en profita, attablée aux meilleures mangeoires du coq, pour observer les poulettes et toute la basse-cour, et constata que les habitants du pays restaient minces malgré les céréales Thermidor, les asticots Rossini et les fruits à la Condé.
Une fois revenue dans sa verte contrée, l'oiselle, qui avait une jolie plume, rédigea un article pour un magazine de cuisine, racontant ses aventures et expliquant pourquoi les coqs restent beaux et minces, alors que les petits oiseaux tout mignons étaient devenus gras et lourds.
Elle expliqua notamment que les coqs et les poules ne mangeaient pas entre les repas, qu'ils s'asseyaient pour manger et prenaient leur temps pour déguster, exprimant un étonnement sans pareil.
Une poulette tricolore qui vivait au pays des petits oiseaux tout mignons lut cet article et rit beaucoup. Elle avait beaucoup de temps à elle, aussi elle écrivit à l'oiselle pour lui dire que son article l'avait faite glousser, et lui parler de son expérience de mère poulette au pays des petits oiseaux tout mignons. Elle raconta à l'oiselle que ses poussins allaient à l'école avec une boîte contenant leur graines, qu'ils devaient manger froides, ce qui était très étrange pour des petits poulets tricolores. Elle précisa que dans les écoles de chez elle, au pays du coq, il y avait des mangeoires scolaires, où les poussins mangeaient un repas chaud en prenant leur temps, tout en pépiant tranquillement avec leur camarades.
La poulette développa ses idées dans une grande lettre, l'oiselle lui répondit gentiment et on s'en tint là.
Mais un mois plus tard, la poulette reçut un courrier lui annonçant qu'elle avait gagné le prix de la lettre du mois! L'oiselle toute mignonne avait fait publier son caquetage écrit (sans lui demander son avis…) et en récompense, lui envoyait… des litres et des litres de bon jus de chenille.
La poulette bien ennuyée se demanda ce qu'elle allait faire du jus de chenille car elle avait une sainte horreur de cela. Elle essaya de le faire boire à ses poussins qui y trempèrent à peine le bec.
Enfin, à force d'y faire goûter les poussins de ses copines cocottes, l'un d'eux trouva le jus de chenille à son goût et elle put enfin faire disparaître son malencontreux cadeau.
La poulette se jura bien de garder son bec clos désormais, même si les petits oiseaux tout mignons racontaient des histoires drôles sur le pays des coqs et des poulettes.
12 octobre 2007
La vengeance du kiwi
Mystère.... Que font ces litres de jus de kiwi sur ma table de cuisine?
Kiwi, kiwi, kiwi (23/06)
Je me demande comment j'ai bien pu l'oublier, celui-là, depuis que j'ai commencé à rédiger mes élucubrations culinaires.
En effet, le kiwi est omniprésent dans la vie néo-zélandaise. Les autochtones se nomment ainsi, il faut dire que ça va nettement plus vite de dire "I'm a Kiwi" que "I'm a New-Zealander". La poste, c'est Kiwi Post, la banque Kiwi Bank, même Peter Jackson est kiwi. Plutôt deux fois qu'une, d'ailleurs.
On aura noté avec intérêt que l'oiseau symbolique de l'aviation néo-zélandaise est le kiwi. On peut se demander s'ils n'avaient pas abusé de l'alcool de kumara au moment de trouver une mascotte pour la flotte aérienne, car personne à l'état-major ne semble avoir noté qu'il s'agit d'un oiseau sans ailes. Remarquons qu'ils avaient le choix entre ça et le moa, espèce d'autruche endémique qui a fini ses jours dans les marmites Maori, donc autant un piaf qui ne sait pas voler qu'un bestiau éteint depuis près de deux siècles.
La question est donc: comment manger du kiwi en Nouvelle-Zélande? Et bien c'est impossible, car l'espèce est protégée, et ce n'est que dans certains sanctuaires animaliers que quelques spécimens survivent, à l'abri des opossums et des rats. De plus, comme il s'agit d'un oiseau nocturne, en voir un n'est pas commode, et passer deux ou trois nuits à la belle étoile armé d'une lampe de poche, de rations de survie et emballé dans huit couches de polaires est la seule solution pour les observer en milieu naturel.
Ah oui, et puis il y a le kiwi. Le machin vert-de-gris, kaki, quoi, alors que le fruit nommé kaki est orange, comme une orange, allez comprendre. Le truc poilu se nommait à l'origine "groseille de Chine", à se demander si l'heureux papa de ce nom avait déjà rencontré des groseilles. Oui, ces petits fruits rouges en grappe.
Parfois, pour faire plaisir à Li (qu'on a dû m'échanger à la maternité), j'en achète. La chérie bénéficie probablement des tonnes de vitamines promises par la pub. Elle ose même dire "miam!" quand elle en mange, l'innocente.
J'ai essayé d'utiliser des kiwis pour les rendre mangeables, avec un petit gratin poires-kiwi. Ce n'était pas mauvais, la partie parfum était assurée par les poires, le côté savoureux par la crème d'amandes et l'aspect appétissant par l'appareil réalisé avec des oeufs presque orange. Ah, et les bouts grisâtres insipides dedans, c'était le kiwi.
Je lui accorde que sa couleur verte lui donne une place de choix dans les salades de fruits. Ou sur les plateaux à fromage.







